PRESSES



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L'exposition Dans la pénombre d'Annabelle Guetatra à la galerie d'YS, vu par Adrien Grimmeau.

Adrien Grimmeau, émission de radio sur la RTBF - Musiq3, Zen, éloges et onirisme, novembre 2017.

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Il est des jeux qui ne se jouent que dans la pénombre... Les personnages d’Annabelle Guetatra jouent à saute-mouton, font la bête à deux dos, voient le loup, donnent leur langue au chat quand ils ne la tirent pas, et ils attribuent à leurs jouets en peluche des vies secrètes d’aventure et de conquête. On est dans la pénombre d’une chambre d’enfant à l’heure de la sieste, ou juste avant, quand la réalité se mêle doucement aux rêves déjantés de l’âge tendre, dans lesquels les objets inanimés ont une vie propre. Dans les coins d’ombre, un rien est le départ d’une histoire qui met en scène figures et objets familiers dans de rocambolesques épopées.

Justine Jacquemin, 2016.
Galerie d'YS.

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Les femmes d’Annabelle Guetatra se jouent du monde. Parées de masques et de plumes elles mènent la danse et leur corps libéré bat la mesure, dans un grand éclat de rire. Cruelles ou bienveillantes, elles s’amusent et jouent des rôles. Ses femmes sont parfois des amantes alanguies, rêvant d’amours tentaculaires et d’unions mythologiques. Menues et juvéniles, elles sont pourtant toutes-puissantes, car si elles s’offrent, elles restent indomptables. Un instant douces et caressantes, elles redeviennent dare-dare des succubes aux mille arrière-pensées, un fantasme inaccessible, une énigme. A travers ses créatures dessinées qui débordent d’ironie, Annabelle Guetatra révèle le ridicule –attendrissant– du jeu de la séduction, la médiocrité –aimable– des grands sentiments, la précarité –délicieuse– de nos amours. Elle expose nos vanités. Et elle nous pardonne.

Justine Jacquemin, 2015.
Galerie d'YS.

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Tournai -

Le prix artistique de la Ville de Tournai récompense des œuvres insolites, le plus souvent créées par de jeunes artistes.

La Maison de la culture offre ses cimaises aux lauréats d’un concours annuel. Si douze candidats ont été retenus pour l’exposition d’été, trois d’entre eux sont mis à l’honneur: leurs travaux ont été particulièrement appréciés par le jury.

L’art en chemin

C’est un ensemble d’ouvrages sonores qui obtient le prix international de la Ville de Tournai, ainsi que le prix Lucien Dasselborne. Annabelle Guetatra (Uccle) présente trois volumes d’une collection inventive à souhait. Le grand format sied aux silhouettes, corps et visages, qui gambadent sur les pages. «Le manège du fou, livre sonore de Kahina Hassani, par Annabelle Guetatra»: tel est le titre choisi pour des cahiers précieux et ludiques, répondant à un trio de têtes sculptées.

Le prix réservé à un jeune artiste de Wallonie picarde revient à Sophie Schraen (Tournai) pour une suite de photographies. Sur un vaste espace mural, un bracelet, un oreiller, des cendres… Au-delà du réel, s’affirme la présence d’un unique objet familier, pleine lumière, impression vive. La Maison de la culture, elle, récompense l’imaginaire de Maïlys Lecœuvre (Tournai). Une collection de larmes en bouteilles, une installation vidéo capturant le chagrin, un isoloir cerné de mots doux et poignants: danger de frôler la mélancolie en visitant ce coin de l’exposition? «Non, mais je mets à profit ma sensibilitépour explorerl’action de pleurer, confie l’étudiante des Beaux-Arts. Comment reçoit-on la tristesse, les larmes, le trop-plein d’émotion? Comment l’offre-t-on? L’intimité de l’isoloir fait partie de ma recherche.»

Les visiteurs pourront découvrir les créations de neuf autres talentueux plasticiens: Anne Bertinchamps (dessins au graphite), Béchir Boussandel (sculptures et tableaux), Aurélie Damon (techniques mixtes), Guillaume Duquesne (collages, dessins), Simon Gillart (collages numériques), Laurent Quillet (photographies et dessins), Jacques Robert (photographies), Sarah Staub (céramique et papier), Jérémy Tomszak (sculptures).

F.L. - L'Avenir du 01/07/2013.

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Guetatra au pays des merveilles

L’art est un voyage. Quotidien, rêves et fantasmes, réalité transcendée… L’artiste donne corps et âme à ses quêtes insolites.

Merry go Round" : Annabelle Guetatra et ses dessins à rêver debout nous interpellent depuis trois ans. Depuis deux premières expositions, à l’Iselp, à la Galerie d’Ys qui, depuis, lui sert de vitrine dynamique. Or, reflets sans doute de découvertes mexicaines et indiennes, cette même Guetatra tout feu tout flamme, dessin qui vole et s’affranchit de l’univers, profile en ses feuillets passions et extases, l’érotisme en embuscade.

Un insolite galopant occupe l’espace de la B-Gallery comme jamais aucun jeune artiste invité ne l’avait fait avant elle ! Elle n’est, il est vrai, plus une néophyte et ses années de parcours, de Bruxelles à Paris, l’ont rompue aux exercices sans filet. Annabelle Guetatra agite les sursauts de l’inconscient, nous emmène, nous enlève littéralement, en son monde enchanté par contes suggérés, dessinés, fantasmés, la meilleure face de son vrai et rafraîchissant talent. Pourvu que rien, jamais, n’infléchisse ardeur ni trouvailles, audaces et danses du crayon sur papiers au vent !

La conquête frappe dès l’abord, ses personnages volants, nus et agiles emplissant, de leurs envols, les baies vitrées d’une galerie reconvertie en antre pour feux follets. Première et accaparante sensation d’un bonheur qui s’annonce bien. Et prend le large quand, à l’intérieur, l’imprévu vous y saute au nez en chaque recoin. Couleur, fantaisie, allégresse, air d’ailleurs. Du Guetatra tout plein, tout bon, tout cru, assaisonné de fantaisies d’autres mondes, sacrales et fantasques, la magie de la déraison s’y accordant à l’irrationnel des magies. Alice au pays des merveilles, Lewis Carroll réinventé, une Annabelle au royaume des anges rebelles ? On ne sait où donner de la tête. Il y a là de superbes nouveaux dessins, insolites, vêtus d’ors, de parures de vie. Du film d’animation.

Il y a toute une série de masques, grands, petits, têtes rondes avec ou sans yeux, taches multicolores, mirages d’empires et d’aventuriers réincarnés. Moulés à la main et peints d’un doigté de fée. Et puis, il y a, trésor exquis à mouvoir d’une patte blanche, émotion au garde-à-vous, sa belle histoire en cinq tomes géants : "Le manège du fou" sur un récit tout en marges et illuminations de sa sœur, Kahina Hassani. Le beau travail de quatre mains ravies. Folie ultime et songe pour nuit d’automne, vous en tournez les pages, qui vont, viennent et volent, de droite à gauche ou vice-versa, parfois des deux côtés à la fois. Alors, surprise : des musiques, des bruits, des silences même s’en viennent à vous, page après page.

Livres pop-up, feuillets rêvés, jeux de dames éprouvés, sortilèges de saison, émotion et fausse candeur de l’image, des mots et des sons. Guetatra a, une fois encore, frappé ! Surprenant, décoiffant, amusant, subtil, diabolique silence d’images venues du fond de l’âme d’une artiste. Des histoires à dormir émerveillé. Du Guetatra au pays des mille et une nuits. A voir dès le saut du lit !

Roger Pierre Turine - LaLibre Belgique du 07/11/2012.

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"Incisif, léger, coupant comme une lame, le dessin d'Annabelle Guetatra (Bruxelles, 1985) poursuit l'introspection du Moi de cette artiste qui aime raconter des contes énigmatiques. La couleur, -toujours le rouge-, souligne ces encres, fusains et crayons qui taille la part belle à l'effroi, mais avec douceur."

© Dominique Legrand, Mad/Le soir - 28 mars 2012.

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"Liberté du trait et des gestes, cette manière de dessiner n'est pas sans accointances avec un art de dire le monde aujourd'hui."

Zone 2, votre guide de Bruxelles - février 2012.

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Fun ! C'est du belge

Douze artistes bruxellois qui ne donnent pas dans le conceptuel mais manient l'absurde et imposent leur grain de folie.

Bruxelles, la cosmopolite, la frondeuse, tient une place toute particulière dans la création contemporaine. Elle ne compte plus le nombre de plasticiens d'origines diverses et de formations variées qui y ont élu domicile. Le commissaire François Delvoye a choisi douze artistes qui ne pratiquent ni l'art conceptuel ni celui de l'abstraction, mais qui explorent la jouissance de la technique, de la matière et des couleurs.

Délires ludiques. Chez Catherine Versé, le phallus se porte bien… du nounours à la femme. Puis il se démultiplie, se plie sous son trait de crayon gracieux et provoque une franche rigolade, décalée, libertine. Quant à Annabelle Guetatra, si, dans son dessin rehaussé de peinture, elle s'attaque aussi à la question de l'érotisme, c'est avec plus d'impulsivité et de violence.

Graphes surréalistes. Samir Willems joue sur les mots et les clichés. Tout y passe. Le roi Baudoin, Bouddha ou Mao apparaissent toujours une bulle de chewing-gum rose à la bouche, emblème que l'on retrouve dans chacune de ses oeuvres. Venant de la gravure et de l'illustration, Bruno Hellenbosch accumule et mixe sans complexe couleurs acides et détails. Son Lascaux au temps de Disney est jubilatoire. Avec son compère Frédéric Penelle [photo], il forme le groupe The Two Jimies. A quatre mains, ils ont, à la manière de DJs, mixé collages, lignes et aplats en noir et blanc, pour nourrir une fresque, drôle autant que glauque.

Détournements académiques. Stephan Balleux explore les techniques de la peinture ; il maîtrise la composition académique et l'art de la citation. Ses toiles en apparence sages laissent transpirer le sarcasme. Tout comme le sculpteur Olivier Goka et le photographe Bernard Babette, duo qui revisite l'histoire des arts premiers : quand Goka fabrique des figurines inspirées de l'art africain, le plastique de récupération se transforme en matière noble. Elles deviennent plus vraies que nature quand Babette les photographie, avec austérité, comme pour un catalogue d'art.

© Stephan Balleux, Télérama - Janvier 2012.

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Une panoplie artistique jouissive

Une douzaine de jeunes plasticiens belges hétéroclites en leurs propositions sont réunis au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Pour célébrer les plaisirs des arts.

Pourquoi le plaisir tout simplement ne pourrait-il pas être une bonne thématique d’exposition ? Foin des grandes théories et des discours, voici une bonne douzaine d’artistes qui s’en donnent et qui nous en donnent. Alors, profitons-en, ce n’est pas tellement courant dans le landerneau de voir un commissaire et des artistes s’engager dans cette voie. Il faut d’ailleurs derechef nuancer et bien entendre ce que vise l’ordonnateur de l’ensemble, François Delvoye.

Il a réuni des artistes bruxellois "qui ont en commun la jouissance de la technique, de la matière, des couleurs. De l’amusement sur des variations thématiques, des délires ludiques et obsessionnels qui provoquent la meilleure et indispensable enfance de l’art, aux plaisirs rabelaisiens ou breugheliens de la peinture". Laissons-nous gagner par ces réjouissances pour retrouver avec satisfaction, notamment, une belle série d’œuvres d’un de nos excellents jeunes peintres, Stephan Balleux, en verve dans ses aquarelles noires et ses modifications d’images, ainsi qu’Annabelle Guetatra dont les œuvres sont toujours aussi vibrantes d’une sensibilité un peu fébrile et d’un érotisme qui ne l’est pas moins.

L’on y joindra bien volontiers Charlotte Marchand qui poursuit ses chimères tous azimuts en multipliant à l’envi les interventions picturales et graphiques en tous genres pour une joyeuse déroute des sens. Le duo de The two Jimies, composé de Frédéric Penelle et Bruno Hellenbosch qui s’expriment aussi individuellement, fait une fois de plus merveille dans leurs délires imagiers, malaxage de deux imaginaires débordant d’élucubrations pour constituer un univers fantastico-hallucinatoire.

On surveillera désormais de très près la jeune Catherine Versé dont les engagements en un érotisme facétieux n’en sont pas à leurs prémices et se poursuivent avec une certaine malice souriante. On se situe aux antipodes avec la dentelle graphique travaillée à l’ordinateur par Djamel Oulkadi, ainsi qu’avec les petites sculptures amusantes et inventives, musicales, d’Alice Pilastre. A la fois simple et complexe est la démarche de Bob Vanderbob A.K.A. Bobvan qui se partage en des photos sages et drôles d’objets et des instruments d’une technologie apparemment sophistiquée. On retourne vers le graphisme coloré et joyeux pour grands enfants ou les bons mots avec Samir Willems, alors que les photos des sculptures bricolées d’Olivier Goka et Bernard Babette semblent faire la nique avec humour à la sculpture africaine.

En bref, une bande de sérieux lurons à bien tenir à l’œil, car ils pourraient déborder de tous côtés par surprise

© Claude Lorent, La libre Belgique - décembre 2011.

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FACE TO FACE - Transition Gallery, London, october 2011.

Face to Face at Transition Gallery has a soundtrack, the hypnotic circus music of Kate Lyddon’s whirling sculpture ‘The Amazing Wall of Death’. By casting a faint pink glow her ‘Tunnel of Love’ diptych has temporarily altered the very atmosphere of the space. Her fairground colour picks out the girly purples and blues of Manon Bara’s tattooed men on the wall opposite, and the words and pictures inscribed on their bodies echo back to meet the names and lyrics hidden in Lyddon’s fairground rides. In fact all of the works in the exhibition from Gallery d’Ys in Belgium seem to be interconnected, sharing themes and messages back and forth.

Put together to redefine ideas about portraiture the Face to Face artists build layer upon layer of references, imaginings and stories into their work. The accompanying essay by Alex Michon describes them as ‘17th Century pirates, they plunder their iconographic booty of representational imagery, picking out any particular diamonds that catch their eye’. Manon Bara’s painting of tattooed men are the end result of a process which exposes a desire to know her subjects and to mix their identities with her own, embellishing their own tattoos with her version of their life stories and then making a portrait of the end result. The canvases of Bruno Hellenbosch reference all corners of the imagination from fairytale animals, pixelated graphics and flouro paint patterns, building a dark world around their central subject.

Both using mythical igonography Yasemin Senel and Annabell Guetatra create intricate drawings. Yasemin Senel’s magical creatures on paper are made up of different body parts from pagan rams to painted ladies and lovehearts to hidden Madonna’s. The crowded mixed-up drawings and midnight pastel colours give the impression of a raucous, heathen celebration. In contrast the negative space around Guetatra’s delicate drawings exude a desolate and dreamy atmosphere, helped along by the dark sexuality of the scenes.

The darker side of love is explored by Lyddon as her fun seekers drift through the tunnel of love to find what waits at the other end, two are locked in passion and one disgruntled character seems to have lost his partner. Partially obscured lyrics, wallpaper swan boats and swimming costumes and synthetic hair are mixed together on the canvas to weave a theatrical story, and the setting of the fairground brings to mind retro Hollywood portrayals of love, and warns of predictable sad times ahead.

The constant mixing of darkness and light of all kinds makes all the work in this show seem so complex and personal, drawing the viewer into the worlds not just of the subject but of the artists too, making this ‘everything is possible’ style of portraiture really quite moving.

© Sarah Cleaver, 2011.

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Les contes énigmatiques d’ Annabelle Guetatra

Elle a des doigts de fée Annabelle Guetatra. De quelques coups de crayon, de quelques touches de couleur, la jeune femme de 25 ans diplômée de la Cambre qui a reçu trois prix d’affilée - prix de la Vocation, prix Rousseau à Ixelles et Prix de la Communauté française catégorie peinture et dessin - crée un monde en soi.

Ses dessins mystérieux mettent en scène des corps avec un fantastique sens du mouvement nous invitant à entrer dans la danse dont elle seule connaît les pas. Au premier regard, les personnages s’animent, l’histoire toujours saisissante surprend et nous plonge dans un conte à l’issue imprévisible. Annabelle excelle dans l’art de l’esquisse.

Ses traits qu’on imagine glisser sur le papier bruissant sont teintés d’une spontanéité tout en sobriété que contredit l’aboutissement de l’œuvre. Si la technique du dessin est incroyablement maîtrisée révélant une utilisation de l’espace où le vide a autant de sens que le plein, il persiste une impression glissante, de l’ordre de la pulsion. Dans les petits formats, l’histoire se concentre, se densifie, dans les grands, les jeux de transparence intensifient la sensation hypnotique d’irréalité et de flou.
Les dessins d’Annabelle Guetatra sont tout en paradoxes.

Comiques et tragiques. Tempérés et excessifs. Sobres et frivoles. Délicats et tranchants. Vivants et morbides. Poétiques et effrayants. Les personnages qui peuplent ces mondes inquiétants proviennent de contes, de légendes, de mythologies, de l’imaginaire nourri de voyages de l’artiste. Les protagonistes, hommes et femmes, côtoient des animaux, poissons et oiseaux et, ça et là, des objets de la vie courante, une boîte, une chaise, un robinet. Il y a de la beauté dans ces œuvres où la couleur employée avec parcimonie éclate comme la joie. Il y a de la répulsion aussi.
C’est là l’essence de l’art d’Annabelle Guetatra : jeter un peu d’effroi mais avec douceur.

Sans qu’on s’y attende, il y a toujours quelque chose qui pique et épouvante suscitant un savant sentiment de léger dégoût mais surtout de fascination chez le spectateur érigé en voyeur. Car les personnages de ces dessins apparaissent souvent au plus près de leur animalité. Nus, ils prennent l’attitude de poules picorant en cœur, de poissons, de grand méchant loup, et se transforment, l’un voyant ses ongles démesurés devenir griffes, l’autre sa chevelure évoluer en dense végétation. Ces hommes et femmes s’entre-dévorent, se goûtent, s’enlacent, mêlent leurs corps. L’érotisme se faufile avec malice dans la majorité des dessins. Si le domaine du conte et la technique du crayon à papier appartiennent à l’enfance, les fantasmes, eux, font incontestablement partie de l’univers adulte.
Angoisse, désir, tristesse, sexualité transparaissent dans les jeux de ces personnages tourmentés.

Tout est jeu dans l’œuvre d’Annabelle Guetatra où des figures fantasmagoriques et enchantées qui semblent s’entraîner dans une ronde incoercible s’enfoncent dans la perversion. L’univers, pourtant, n’est pas sombre, il en ressort même une certaine joie de vivre, une jouissance espiègle pleine de non-dits. Insaisissables, les dessins oniriques restent énigmatiques car si les personnages nous chuchotent leurs histoires à l’oreille, ils ne livrent pas tous leurs secrets.

A nous de découvrir, de nous émerveiller, d’ouvrir grand nos yeux !

© Camille Perotti, 2011.


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Portrait d’ Annabelle Guetatra, la première des dix jeunes artistes. Arts Libre 2010-2011.

Nous avons parlé de cette artiste à peine sortie des études et déjà passionnante. N’a-t-elle pas engrangé trois prix d’affilée : Prix de la Vocation, Prix Rousseau à Ixelles, Prix de la Communauté française catégorie peinture et dessin?

Pas mal pour une jeunette de 25 ans, nature et souriante, née à Colombes en 1985, d’origine espagnole, débarquée chez nous sur un coup de coeur pour La Cambre, après quatre années de Beaux Arts à AixenProvence, où elle travailla surtout la photographie et les installations.

A Bruxelles, elle conclut son diplôme dans l’atelier de dessin de Denis Derudder et de Catherine Warmoes. Le tout suivi d’une agrégation en 2009 et de deux premières expos à la Galerie d’Ys et à l’Iselp. Une chambre de 10m2 à Saint-Gilles et un atelier chez son père à Jauche, Annabelle Guetatra a beau collectionner les médailles, elle se loge et bosse comme elle peut. Cheveux et yeux noirs qui pétillent, elle a d’autres chats à fouetter : “Voir, découvrir, j’ai besoin de cela !”

Parfois rehaussés de peinture, ses dessins n’ont pas tardé à trouver acquéreurs et c’est bon pour le moral : “Je termine un film d’animation entre 15 et 24 images seconde, ce qui nécessite beaucoup de dessins. Je le réalise avec ma grand mère, qui est danseuse. Sa chaise de travail est devenue mon outil de création ! C’est un ouvrage sur le corps, le geste.”

Comment parler de ses feuillets emplis de nondits ? “Des images me viennent, que je note, qu’influencent mes lectures, l’histoire de l’art que je sillonne. Je m’en nourris et j’essaye de me l’approprier, que cela devienne une histoire en évolution.” Dans son ouvrage, on sent comme des angoisses, des regrets… “Oui, sans doute, mais même si je pense que mon histoire personnelle influe sur ce que je fais, je dessine sans savoir si c’estma réalité.Mon vécu est dedans, sans mise à nu.” Ses grands dessins réunis comme dans un livre avec des transparences ont une histoire : “Le hasard ! Je cherchais un papier sur lequel travailler et, vu l’exiguïté de ma chambre, je les superposais et j’ai vu des transparences agir, je me suis amusée dans ce sens.”

Qu’aime telle en art ? “Je suis admirative de beaucoup de choses. Du travail de Pierre Alechinsky et j’ai un gros livre de lui sous mon lit. Il y a une espèce d’innocence dans ses traits, de la spontanéité des dessins d’enfants avant sept ans. Chez lui, un symbole représente une histoire. J’aime beaucoup. Il y a Basquiat, que je vais voir à Paris. Kiki Smith aussi et je suis une fan de la bd underground, j’ai une petite collection de micro éditions. Surtout, je dessine énormément. C’est en travaillant que les choses vous viennent !” “Et je bouge beaucoup. Bientôt, je partirai en Inde, et puis au Mexique. Chaque été, pour me payer ces voyages, je fais des petits boulots en Bretagne.
Le voyage est très, très important pour moi. Pour voir autre chose. Je ne veux pas m’enfermer dans l’égocentrisme, je veux voir ce qui se passe dans le monde.” Un grand père breton et photographe, Guy Le Querrec, un père musicien originaire de la Mancha, une mère bretonne et bibliothécaire, Guetatra a du sang vibrant dans les veines.

© Roger Pierre Turine, 2010.


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D’abord il y a le dessin. Expression mystérieuse, fascinante, du réel ou de l’imaginaire, au moyen de traits insolents, de lignes libérées, d’ombres sauvages, d’un ajout de couleur ou de blanc quand bon lui semble mais toujours à point nommé?! Annabelle Guetatra promène notre œil dans les méandres enchantés, et pervers à la fois, d’un univers où se heurtent en collision spectaculaire, ou bien s’enlacent en un tango torride, les sujets de contes enfantins et les motifs de fantasmes mûrs.

Ensuite il y a le papier. Annabelle Guetatra nous invite à goûter le dessin avec les mains?! Les grands cahiers, démesurés, rassemblant feuille à feuille ses compositions sont faits de papier calque qui, lorsque le poids des doigts vient s’y poser, font remonter à la surface les images des tableaux sous-jacents, dans le halo hypnotique de formes apparaissant et disparaissant au gré du chemin improvisé par la main, devenue excroissance inattendue de l’œil.

Enfin il y a l’histoire. Un voyage magnifique et inépuisable à travers les strates translucides d’un récit inédit qui restera l’expérience unique du «?lecteur?» à l’œuvre, au gré d’un itinéraire plus ou moins appuyé, rapide ou cohérent, fruit de cette rencontre hybride et particulière de la proposition d’une artiste et de la disposition du public.

© Eric Van Esche, 2009.


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Auctions - N°467.
Magazine Collect - Arts Antique : Auctions - N°467.

Kurt Snoekx .
Bruzz Magazine - septembre 2016 - : Kurt Snoekx .


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


Artension - N°108, 2011. 


Magazine Artenews, N°73 juin 2011. 


Le Soir, La Culture, mars 2011. 


Libre Belgique, Arts Libre - N°95. 


Libre Belgique, N°95, 2011. 


Magazine Vocatio, 2010, N°38. 


Le Soir, La Culture, avril 2011.